Rurouni Kenshin, adaptation époustouflante d’un classique.

L’année 2012 marque un tournant dans l’histoire du cinéma japonais, le réalisateur Otomo Keishi y signe en effet un chef d’œuvre cinématographique en l’adaptation du célèbre manga du même nom, Rurouni Kenshin (Kenshin Le Vagabond de Watsuki Nobuhiro).

Encore méconnu du grand public, Otomo se démarque et réussit à prouver son talent en la réalisation d’un seul long métrage de qualité, retour sur le phénomène Rurouni Kenshin.

 

Alors que le Japon s’apprête à entrer dans l’ère MeijiHimura Kenshin, vagabond au passé trouble, fait la rencontre de Kaoru, une jeune femme tenant un Dojo à Tokyo. Nous apprenons alors que Kenshin, autrefois connu sous le nom de Hitokiri Battosai, fut un assassin qui contribua à l’avènement de l’ère Meiji qui ne vit désormais que pour se repentir de ses crimes passés. Il devra par la suite faire face à de nombreux ennemis ressurgissant de cette époque qu’il souhaite oublier.

 

Dès le prélude, le réalisateur parvient brillamment à capter l’attention et la curiosité du spectateur, annonçant d’ores et déjà une production de grande qualité.Sur fond noir, avec une bande son à peine perceptible, nous sont expliqués à l’écrit le contexte et les prémices de l’histoire de l’homme qui deviendra une véritable légende. Et ce n’est qu’après une scène de combat sur un champ de bataille que le générique se met en place, tout aussi simple et captivant.

Ellipse temporelle, c’est avec une touche très américaine que Kenshin, puis l’armée impériale font leur apparition, accompagnés d’une musique des plus envoûtantes. Un cadre qui vient à rappeler de gros blockbusters américains comme Pearl Harbor.

Dès les premières minutes, c’est donc un long métrage extrêmement bien ficelé que nous découvrons, nous laissant emportés à l’époque de la Restauration Impériale. Le film se laisse littéralement dévorer jusqu’à la dernière seconde. Et malgré quelques ralentissements de temps à autre, ce sont justement ces derniers qui s’avèrent rendre certaines scènes d’autant plus tragiques, tout en justesse et en délicatesse.

Il est sans dire que le réalisateur a fait le choix, dans cette adaptation, de donner une importance capitale aux décors. C’est donc un environnement extrêmement fidèle au manga et à l’époque mise en avant que nous découvrons. Villages, temples, dojos, ruelles et scènes de festival, tout y est en effet en parfait accord avec la trame principale, sans aucun défaut ou erreur. Ce sont également de splendides et nombreux paysages en nature, et notamment en forêt, qui sont largement mis en valeur par de somptueux plans caméra de qualité. Otomo réussit d’autant plus à représenter l’occidentalisation et l’industrialisation nouvelles à l’époque, tout en s’inspirant quelque peu et toujours de certains films américains. Et bien que quelques mauvais raccords entre deux scènes puissent apparaître, ils se font toutefois rares, et n’enlèvent en rien les mérites d’une réalisation hors du commun, ponctuée de cadres et d’images d’une beauté déconcertante.

 

Outre une qualité indéniable quant à la mise en scène, le film jouit également d’une bande son extraordinairement bien coordonnée à la réalisation.

En partie connu pour ses compositions concernant de nombreux animes et dramas, Sato Naoki mérite amplement une mention spéciale pour le travail effectué sur Rurouni Kenshin. Tantôt instrumentales, tantôt accompagnées d’une divine voix féminine, de nombreuses mélodies viennent ponctuer un film déjà incroyablement bien dirigé, pour le rendre d’autant plus majestueux. Parfaitement synchronisées et mises en valeur dans le déroulement de l’action, ces chansons entraînantes, souvent envoûtantes, parfois émouvantes, ont toutes pour point commun d’être d’une splendeur déconcertante. Parmi ces dernières,  Seiseiruten – Shin jidai he, enivrante, bouleversante, vous fera sans aucun doute perdre la tête.

 

Et si la musique du film mérite les meilleures louanges, il en va de même pour les incroyables scènes de combats ornant l’œuvre. Quelques fois irréalistes dans le manga, nombreux étaient les adeptes de l’œuvre à redouter la mise en image de ces scènes, certaines pouvant être qualifiées d’irréalisables à l’écran. Quelle n’est pas alors notre surprise et notre joie de constater que ces combats sont incroyablement bien réalisés sur la pellicule. De magnifiques effets spéciaux on ne peut plus réalistes, des cascades d’une difficulté inqualifiable et de superbes ralentis de combats viennent à leur tour prouver une fois de plus la grande qualité de réalisation de ce film, qui réussit alors à se faire un nom parmi les plus grands du genre, tel Crows Zero.

 

Spectaculaire serait sans conteste l’adjectif qualifiant au mieux Rurouni Kenshin. L’adaptation du manga s’avère en effet y être incroyablement fidèle. Le manga étant un grand classique du genre et le film étant attendu au tournant par d’innombrables lecteurs, l’enjeu en était d’autant plus grand. À noter également que la précédente réussite de l’adaptation en anime et OAV vient rajouter une difficulté de plus au réalisateur, dont le travail était grandement redouté.

Mais encore une fois, Otomo prouve avec ce premier long métrage être un réalisateur de talent, le film étant une grande réussite. Une action omniprésente et continue ainsi que des détails incroyablement fabuleux sont, sans conteste, la recette du succès Rurouni Kenshin. Mais ce qui rend l’œuvre cinématographique d’autant plus unique repose en son époustouflante réalisation, mêlant subtilement tradition et occidentalisme, tant dans la trame du film que dans le style de mise en scène. Le tout bien évidemment mis en valeur par de somptueux paysages et d’incroyables ralentis de combats.

 

Mais au-delà d’une adaptation de trame réussie, Otomo est également parvenu à regrouper un casting parfait mettant d’autant plus en avant des personnages on ne peut plus fidèles au manga, tant physiquement que concernant leur personnalité.

Parmi ces derniers, les plus troublants sont sans aucun doute les personnages de Kenshin et Kaoru. Présent dans de nombreux dramas (Bloody Monday) et films (Beck), le jeune et charmant acteur Sato Takeru fait preuve d’un immense talent en interprétant Kenshin, véritable légende de l’époque, parvenant à reproduire à merveille les traits qui le caractérisent. Parmi ceux-ci, sa célèbre onomatopée « Oro », sa démarche nonchalante ou encore son incroyable aisance concernant les scènes d’action et de combats. Il va sans dire que Sato Takeru a énormément donné de sa personne afin de rendre hommage à ce grand héros de l’époque, ce City Hunter de la période samurai, en enchaînant les entraînements. Il parvient également, et avec une facilité déconcertante, à développer chacune des facettes du personnage, tantôt en Kenshin insouciant, tantôt en un Battosai sans pitié. Takei Emi (Otomen, Liar Game), de son côté, interprète Kaoru. Véritable surprise de la part de la toute jeune actrice de 19 ans, qui réussit avec brio à mettre en image un personnage haut en couleurs, forte d’apparence mais cachant une grande sensibilité, qu’elle interprétera avec justesse et émotion, sans jamais aller dans l’excès, mais tout en émouvant le spectateur. Elle est d’ailleurs incroyablement touchante, voir époustouflante à la fin du film, livrant une fabuleuse interprétation digne des plus grandes actrices.

Toujours dans une adaptation réussie, il est obligatoire de souligner les incroyables prestations d’Eguchi Yosuke, interprète du policier Hajime Saito, ainsi que de Kagawa Teruyuki en tant que Kanryû Takeda, homme d’affaire ennemi de Kenshin suivi à la trace par ses désopilants sbires.

Enfin, continuant dans l’énumération des personnages du manga fidèlement adaptés, Kikkawa Koji , à la base chanteur et sportif, fait également une belle prestation en tant que Udo Jine, principal adversaire de Kenshin dans ce film.

Pour finir, il est flagrant de constater que les personnages de Sanosuke Sagara, équipier de Kenshin, et de Yahiko Myojin, jeune élève de Kaoru au Dojo, interprété par l’adorable Tanaka Taketo à la carrière prometteuse, sont également très fidèles au manga, et ce jusque dans les détails.

 

Ainsi, malgré un film peut être un peu trop sérieux en rapport au manga, dans lequel quelques scènes comiques se glissaient bien souvent, le travail d’adaptation se trouve être d’une grande qualité, porté par un casting parfait jusque dans les personnages secondaires et les figurants.

Et, bien que connaître le manga puisse être un plus lors du visionnage du film afin de comprendre au mieux les situations entre personnages, l’incroyable casting mérite à être reconnu, tant pour leur extraordinaire jeu d’acteur que pour les combats à couper le souffle pour lesquels ils se sont grandement exercés.

Il n’y aurait pas assez de superlatifs pour décrire un film aussi somptueux de Rurouni Kenshin. Se basant sur les quatre premiers tomes du manga, il en est d’une fidélité déconcertante. Ajoutée à cela une incroyable qualité de réalisation, sous tous les aspects et jusque dans les infimes détails, Rurouni Kenshin est sans conteste une œuvre magique qui se laisse dévorer du début à la fin sans que nous ne le voyions passer, pour finalement nous laisser sans voix devant une fin des plus magistrales.

Il est sans compté que la bande sonore du film joue également un grand rôle dans sa réussite, portée par de majestueuses chansons toutes aussi prenantes et émouvantes les unes que les autres. Cette même bande son se voit d’ailleurs accentuée jusqu’aux dernières secondes du générique de fin interprété par le groupe One Ok Rock, qui termine en beauté un film déjà plein de rebondissements et continuellement en action, avec un titre savoureusement rock et intense, incroyablement fort de sens.

Il va sans dire que Rurouni Kenshin, porté par Otomo Keishi, est et demeurera une fierté du cinéma japonais de ces dernières années, ayant sans peine affirmé sa dominance cinématographique avec les suites Kyoto Inferno et La fin de la légende, le tout à regarder en VOSTFR bien sûr !

 

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