Love Rain, ode à l’amour pur.

Années 1970, un groupe d’amis lié par l’art et la musique vit ses premiers coups de foudre et états d’âmes à l’université. Parmi ces personnalités diverses, Kim Yoon Hee (YoonA, SNSD) et Seo In Ha (Jang Geun Suk, You’re Beautiful) n’ont d’yeux que pour l’autre. Malheureusement, les aléas de la vie, la jalousie et les manigances de certains auront raison d’eux et les sépareront sans qu’ils n’aient pu s’avouer convenablement leurs sentiments.

2012, Seo Joon (Jang Geun Suk), jeune photographe de talent et fils de Seo In Ha, rencontre Lee Ha Na (YoonA). Énergique mais quelque peu timide, elle tient de sa mère, Kim Yoon Hee, une beauté déconcertante. Cette rencontre ne sera que le commencement d’une multitude de malentendus et de blessures.  En effet, si les enfants tombent sous le charme l’un de l’autre, il en va de même pour les parents qui, après trente longues années, se rencontrent à nouveau et prennent la chance qui leur est donnée de pouvoir afin vivre leur amour, resté intact jusque là.

Le drama se divise ainsi en deux parts distinctes nous permettant dans un premier temps de faire la connaissance d’une bande d’amis durant les années 1970 puis de nouveau suivre leurs relations et celles de leurs enfants respectifs 30 ans plus tard.

 

Love Rain, c’est avant tout un hommage des plus exquis à l’amour et ses multiples facettes. Passionnel, égoïste ou blessant, il se veut toutefois magnifique et authentique. Chaque relation entre personnage, chaque événement décrit l’une ou plusieurs de ces facettes. Mais Love Rain c’est surtout l’amour avec un grand A, le premier, le plus fort, l’inoubliable, celui qui surpasse les années, le temps et les générations, l’amour pur, le véritable, celui qui guidera chaque personnage dans ses choix, ses paroles et ses actes. Et plus que tout, Love Rain a pour centre d’attraction ce que nous en faisons de ce sentiment, ce qu’il fait de nous, et la manière dont chacun le vit. Tantôt bien, tantôt mal, chaque personnage aura ici sa relation à l’amour, et fera tout pour le vivre pleinement ou le détruire selon ses attentes. Il s’agit aussi ici de la démonstration de l’amour inconditionnel d’un enfant pour ses parents, son courage et sa force de tout abandonner pour le bien-être de ses proches, y compris son propre bonheur.

 

C’est donc sans surprise que nous retrouvons le réalisateur Yun Seok Ho (Winter Sonata) aux commandes de Love Rain, car cela est bien connu, il a ce don extraordinaire de pouvoir créer de véritables chefs d’œuvres cinématographiques. Il use encore et toujours de décors somptueux aux couleurs sublimes dans de superbes jardins ou en pleine nature, et s’amuse à réaliser des plans toujours plus merveilleux dans des paysages aussi divers que variés. Et bien que le drama n’échappe pas à quelques longueurs accentuées par le format de 20 épisodes de 65 minutes, c’est justement cette lenteur si particulière qui rend cette réalisation unique et quelque peu majestueuse. La réalisation se voulant simple et toute en finesse, tout en étant incroyablement juste et efficace. Yun Seok Ho a su, une fois de plus, allier la beauté de l’environnement à des prises de vue simples mais superbes et ceci dans les deux parties du drama. La beauté de celui-ci est d’autant plus admirable qu’il est finement ponctué d’œuvres d’art grandioses et d’une bande originale tout à fait splendide et touchante, qui lui apportent d’autant plus de charme.

Yun Seok Ho affirme également une aisance bien particulière, à travers sa réalisation et ses images, à montrer, en plus de la beauté du cadre, la délicatesse des sentiments. Il a en effet su capter chaque acte, chaque mot afin d’en louer la sincérité et la profondeur et réussit à faire d’une histoire classique un véritable comte. À la fois touchants et imprégnants, nous allons presque jusqu’à ressentir les sentiments des personnages. Yun Seok Ho parvient cependant, et heureusement, à intégrer quelques scènes plus légères et comiques, ce qui nous donne l’occasion de souffler quelques instants dans cette atmosphère qui se veut quelques fois trop tendue et ramène notre attention, qui aurait pu s’égarer entre temps. Il y a bien quelques scènes plutôt courantes et basiques dans l’univers des dramas, mais Yun Seok Ho s’en sort toujours et ne tombe jamais dans le grotesque ou le prévisible, et maintient ce cap jusqu’à la dernière minute. Il parvient au contraire à donner une adaptation fidèle des années 1970, à tel point que le drama entier basé sur cette période aurait également pu fonctionner. Il réussit d’ailleurs avec brio l’ellipse temporelle jusqu’en 2012. Cette deuxième partie s’avère, certes, plus banale que la première mais tient toutefois la route.

Il est cependant indéniable que le succès de ce drama ne serait rien sans le choix judicieux du réalisateur pour ses acteurs.

En effet, Jang Geun Seok est, comme à son habitude, tout-à-fait convaincant en jeune photographe de génie et nous offre sa plus belle prestation jusqu’ici, et c’est avec un réel plaisir que nous (re)découvrons une fois de plus l’étendue de son talent. Jouant avec une multitude de facettes encore rares dans son travail, il se plait ainsi à passer avec aisance d’une froideur extrême accompagnée d’une rancœur inconditionnelle à l’expression d’un jeune homme blessé et tourmenté dans son être profond. Il est toutefois fréquent de le retrouver puéril, attachant, voir quelque peu taquin, comme il en avait pris l’habitude dans You’re Beautiful. Jang Geun Suk prouve encore une fois l’incroyable acteur qu’il peut être ainsi qu’une capacité fascinante à pouvoir transmettre diverses émotions. Pari réussi pour le Prince de l’Asie, décidément indétrônable.

Et si Jang Geun Suk affirme une fois de plus son statut de Prince, YoonA, surtout connue en tant que chanteuse, était quant à elle attendue au tournant. Convaincante en jeune fille timide et effacée des années 1970, elle a cependant du mal à se retrouver dans le personnage d’Ha Na en 2012, frôlant la comparaison avec nombre d’héroïnes de dramas basiques. Elle se trouve en effet être stupéfiante, douce et d’une pure beauté dans la première partie du drama, toutefois, sa difficulté à interpréter Ha Na est en premier lieu palpable. S’attardant à être une héroïne des plus classiques à l’instar de My Princess, elle n’a de cesse d’être poussée dans son jeu par son partenaire Jang Geun Suk et réussit, grâce à ce dernier, à s’affirmer au fil des épisodes pour finalement parvenir elle aussi à nous transmettre ses sentiments et partager les plus profondes blessures du personnage. Le parcours aura donc été quelque peu long et difficile, mais c’est une YoonA inattendue qui aura réussi à tirer son épingle du jeu.

 

Le reste du casting quant à lui se trouve être également très bien distribué, à commencer par la génération parentale de 2012. Les acteurs réussissent en effet à garder intact les émotions et interprétations joués par la jeune génération durant les années 1970, et vont jusqu’à transporter ses sentiments d’autant plus loin pour notre plus grand bonheur. Bien évidemment, parmi les personnages se trouvent les plus classiques, à noter les rivaux amoureux et insistants, le trio comique qui apporte sa touche de fraîcheur, la mère possessive, rancunière et détestable, le confident amoureux tout à fait touchant ou encore le jeune rebelle. Mais, encore une fois, la situation ne dérape jamais dans le grotesque, et les personnages secondaires montrent également une grande sincérité dans leurs sentiments tout en nous les faisant partager aisément. Un bon point pour le réalisateur qui a su choisir un casting de premier ordre, et ce même pour les personnages secondaires.

 

Love Rain se veut donc remarquable de par sa qualité. Tant pour sa réalisation, que pour sa bande originale, son scénario ou son casting tout à fait convaincant. Chaque détail est soigneusement étudié et les mauvais points se font d’autant plus rares. Love Rain est avant tout un véritable florilège de fantastiques images et sait nous transporter sans peine, peut-être même un peu trop. Le voyage est éprouvant, parfois même oppressant mais il s’agit justement ici de la particularité même de ce drama, oscillant entre le charme de Winter Sonata, la qualité de Coffee Prince et la magie d’Autumn’s Concerto. Il s’agit là d’un chef d’œuvre, fausses notes exclues,  un véritable bijou à déguster sans modération.

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